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Le PEB n'est pas une note, c'est trois notes qui ne se comparent pas

Un même logement n'obtient pas la même classe à Bruxelles, en Wallonie et en Flandre. Trois méthodes, trois échelles, et des obligations qui divergent.

Un propriétaire qui possède un appartement à Uccle et un autre à Louvain vous dira volontiers que « le premier est en D et le second en C ». C'est faux, ou plutôt : ça ne veut rien dire. Ces deux lettres ne sortent pas du même calcul, ne suivent pas la même échelle et n'ouvrent pas les mêmes obligations.

Le PEB est une compétence régionale. Il n'existe pas de certificat belge : il existe un certificat bruxellois, un certificat wallon et un EPC flamand.

Un certificat, trois méthodes

Les trois Régions certifient la même chose, la performance énergétique d'un logement, mais avec leurs propres protocoles, leurs propres logiciels et leurs propres seuils de classe. La conséquence est directe : comparer deux labels de deux Régions différentes n'a pas de sens, et un certificateur agréé dans une Région ne l'est pas dans une autre.

Ce qui, en revanche, est identique partout :

Durée de validité10 ans dans les trois Régions
Au moment de l'annoncele certificat doit déjà exister, et l'information énergétique figurer dans la publicité
En cas de travauxla validité peut être interrompue ; refaire le certificat après une rénovation est ce qui fait apparaître la classe réellement atteinte

À Bruxelles, l'obligation existe depuis 2011 pour tout logement d'au moins 18 m².

Le point que les bailleurs manquent le plus souvent est celui du calendrier : le certificat doit être en main avant la publication de l'annonce, pas avant la signature du bail. Un bien mis en ligne sans certificat est déjà en infraction, même s'il ne trouve jamais preneur.

Le lien avec l'indexation a changé, et il diverge

C'est l'endroit où les trois Régions se sont le plus éloignées, et où les informations qui circulent sont les plus périmées.

En Wallonie, le PEB ne conditionne plus le droit d'indexer depuis novembre 2023. Le mécanisme qui liait la classe au droit d'indexation a été abrogé : l'indexation se calcule sans regarder le label.

À Bruxelles, le lien existe toujours. L'ordonnance du 11 octobre 2022, qui plafonne l'indexation des logements énergivores, est toujours en vigueur : la classe intervient donc encore dans le calcul.

En Flandre, le régime est distinct des deux précédents et suit sa propre logique.

La règle commune, elle, tient en une phrase et vaut partout : pour indexer, il faut disposer d'un certificat valable et l'avoir communiqué au locataire. Un bailleur qui n'a jamais remis le certificat s'expose à voir son indexation contestée, quelle que soit la classe.

Notre outil de calcul d'indexation traite l'indice santé et la date anniversaire du bail. Le plafonnement lié à la classe, lui, dépend de la Région et de l'année : c'est le point à vérifier avant d'envoyer un courrier d'indexation.

Non, on ne vous interdit pas encore de louer une passoire

C'est l'affirmation la plus répandue et la plus fausse. On lit régulièrement qu'un logement mal classé ne peut plus être mis en location. Aujourd'hui, à Bruxelles, un logement classé G peut légalement être loué, à condition que le certificat existe et soit valide.

Ce qui est vrai, c'est qu'un calendrier progressif a été adopté : l'objectif bruxellois est de ramener l'ensemble du parc sous 275 kWh/m²/an d'ici 2033, puis sous 150 kWh/m²/an d'ici 2045. Ce sont des échéances de rénovation, pas une interdiction immédiate de louer.

La nuance n'est pas cosmétique. Entre « vous ne pouvez plus louer » et « vous devrez avoir rénové d'ici une date », il y a une décision d'investissement entière : vendre en catastrophe, ou planifier des travaux sur plusieurs exercices.

Les calendriers des trois Régions ne sont ni les mêmes ni figés, et beaucoup de contenus en ligne annoncent des échéances comme acquises alors qu'elles sont annoncées, discutées ou déjà modifiées. Sur une décision de cette taille, la source à consulter est le portail de la Région concernée, pas un article de blog, y compris celui-ci.

Ce que ça change pour votre gestion

  • Un certificat par bien, avec sa date de fin. Dix ans passent vite, et un certificat expiré se découvre au pire moment : celui où l'on publie une annonce et où le locataire précédent est déjà parti.
  • Ne comparez pas les labels entre Régions. Pour arbitrer entre deux biens de votre portefeuille, la consommation en kWh/m²/an est comparable, la lettre ne l'est pas.
  • Gardez la preuve de la remise au locataire. C'est ce document, et non le certificat lui-même, qui protège votre droit d'indexer.
  • Refaites le certificat après des travaux. Tant qu'il n'est pas refait, votre bien reste officiellement dans son ancienne classe, avec les conséquences qui s'y attachent.

Les échéances de rénovation se comptent en années, ce qui les rend faciles à repousser et faciles à oublier. C'est exactement le genre de date que Proporio garde dans la fiche du bien, à côté de celles du bail, dont les fenêtres de congé d'un 3-6-9 et le précompte immobilier.


Cet article décrit le cadre général du certificat de performance énergétique dans les trois Régions. Les calendriers de rénovation évoluent : vérifiez les échéances applicables à votre bien auprès de la Région concernée avant toute décision. Il ne remplace pas l'avis d'un professionnel sur une situation précise.

Arrêtez de suivre ça à la main

Proporio surveille les échéances dont parle cet article et vous prévient avant qu’elles passent. Premier bien gratuit.

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